Témoignages
 Chantier Ruptur « Le Coup d’Après – ACHATS »

 

Dans le cadre du chantier Ruptur « Le Coup d’Après », la synthèse ACHATS est en ligne, proposant des solutions d’actions pour revoir nos déplacements. 4 membres, ayant participé chacun à des échanges lors d’ateliers sur cette thématique, nous livrent leur témoignage, leur vision et leurs ambitions dans le cadre de leurs activités.

 

 

Nicolas DUCEPT – Président Directeur Général MECAPACK

« Quand on parle d’emballage plastique, on pense immédiatement au 6ème continent, aux déchets plastiques que l’on retrouve dans la nature pour finir dans nos océans. C’est une image qui témoigne de l’industrialisation de masse déraisonnée, sans penser à ce que le déchet généré va devenir, mais aussi à l’incivilité de l’Homme qui est prêt à parcourir des milliers de kilomètres pour partir en vacances et n’a pas la force de ramasser, trier et jeter son déchet. C’est probablement la plus belle représentation de la « Ruptur(e) » que nous devons engager pour faire évoluer la culture industrielle et sociétale pour préserver les richesses naturelles pour nos enfants.

De plus, se dire que nous aurons consommé toutes les énergies fossiles de la Terre en un rien de temps à l’échelle de la planète, sans ne rien laisser à nos enfants, en est d’autant plus alarmant. Mais par quoi remplacer le plastique ? Il est facile de remplacer des emballages en plastique quand les fonctions associées présentent peu de valeur ajoutée. Mais remplacer le plastique pour l’alimentaire est très compliqué.

C’est aujourd’hui le meilleur matériau pour assurer la conservation des aliments, en optimisant la DLC (Date Limite de consommation). Ces emballages permettent donc de réduire les déchets alimentaires, enjeu environnemental majeur en terme démission de CO² puisque 1/3 de la production alimentaire mondiale fini à la poubelle. L’épisode de crise sanitaire récente nous a rappelé également l’importance d’optimiser cette DLC dans la chaîne de production et de distribution.

La solution idéale n’existe pas encore ! Nous devons l’inventer ! Pendant ce temps, nous devons aussi chercher à minimiser autant que possible l’impact environnemental dans les solutions d’emballage, et devons-nous méfier des « impressions marketing » : un emballage alimentaire carton est peu valorisable car multimatériaux (le consommateur a du mal à trier, il aura du mal à séparer) ; le verre se recycle bien mais quelle énergie pour le faire fondre ? Un plastique mono matériau se recycle facilement… Un travail de transparence et de pédagogie est à faire…

Pour moi c’est ça l’économie bleue : être responsable en ayant un regard équilibré et global sur la problématique, et chercher des solutions pragmatiques pour tout de suite et pour demain. Concevoir et produire des machines pour fabriquer de l’emballage plastique en soi n’est pas très motivant ; par contre être acteur et accélérateur des mutations indispensables au monde de l’emballage pour réduire durablement l’impact environnemental, et nourrir nos concitoyens, est autrement plus motivant. C’est comme cela que Mecapack voit sa mission et sa raison d’être. Être dans le processus industriel et de développement des emballages est le meilleur moyen d’être acteur des mutations vitales pour la planète, en toute responsabilité et pragmatisme. Nous voulons être le partenaire privilégié des clients qui souhaitent accélérer ces mutations par plus de travail collaboratif, d’innovation, de recherche. C’est en additionnant les efforts de chacun que nous accélérerons les mutations, pas en cherchant à être le seul premier à trouver la solution miracle, et déposer un brevet. Nous devons associer nos forces, clients, fournisseurs, universités, associations…

Mecapack veut être dans ces réseaux pour accélérer les mutations et pouvoir partager ses travaux et ses réflexions avec un maximum de clients pour faciliter et accélérer ses mutations. Pour matérialiser l’engagement de l’entreprise et de ses collaborateurs. Pour venir chercher des idées.
Pour être acteur dans les projets où nous avons une valeur ajoutée. Pour venir chercher de l’énergie positive quand on pense que tout est fichu. Pour mettre à l’épreuve la vision et le sens donné à l’entreprise, et être fier de ce que nous transmettrons à nos enfants « 

 

 

Paul CLEMENT – Président de la SCOP TRIPAPYRUS ENVIRONNEMENT

« Les déchets plastiques abondent et sont une source locale de matière première, nous n’avons pas de pétrole mais nous avons du plastique, que nous enfouissons. Le recyclage des déchets plastiques ne représente que 22 % des plastiques produits en France. Si nous considérons que cela est un problème, il y a trois pistes évidentes, immédiates et simples, sinon, nous pouvons continuer pour voir jusque où ce modèle nous emmène !

Le 3 pistes :

  • Bannir, autant que faire se peut, les plastiques à usage unique
  • Développer l’écoconception, notamment la recyclabilité en fin de vie
  • Favoriser le recyclage, soit par intégration de ces coproduits à de la matière neuve, soit par la fabrication d’objet réutilisable et à vie longue.

Nos voisins européens, les allemands et les italiens par exemple, recyclent quasi 50 % du plastique, d’une part parce qu’ils fonctionnent en réseau de PME spécialisées, et d’autre part parce qu’un tri exigent est fait à la source. Transposé et adapté un tele modèle su nos territoires, dans notre pays créera de la valeur par l’économie :

  • L’économie d’enfouissement
  • L’économie d’achat
  • L’économie de transport

L’autre création de valeur se fera par l’organisation d’une supply chain.

Nous avons sur notre territoire toutes les entreprises permettant de créer cette économie bleue du plastique, des préparateurs de plastique, des producteurs d’objets, des utilisateurs d’objets, des récupérateurs de déchets…

TRIPAPYRUS a été créé pour promouvoir le recyclage et, depuis 2006, celui du plastique en particulier. La récente création d’une filiale (WESTPLAST) dont l’objet est l’affinage des plastiques pour leur recyclage, consolide notre volonté et aussi le paysage local pour le recyclage du plastique en général.

Nous développons également des projets de partenariats avec des acteurs locaux sur le recyclage des plastiques que nous récupérons. L’ambition finale est de créer des filières complètes d’économie circulaire, avec des cercles les plus petits possible ! Nous défendons depuis plus de 25 ans la collecte des déchets pour en faire des ressources, la maîtrise énergétique de nos pratiques pour les collecter, et l’amélioration continue de nos process pour optimiser la recyclabilité de nos collectes.
Bref RUPTUR est le réseau qui correspond le mieux à nos valeurs, nos pratiques et nos objectifs, il nous permet de donner un sens à notre projet d’entreprise. RUPTUR nous oblige à rester en alerte sur nos pratiques, à avoir une exigence d’exemplarité.

 

 

Eric GRIGNON – Directeur d’agence LE ROY LOGISTIQUE

« Concernant le conditionnement des produits, les industriels ont pris conscience et font l’effort de favoriser des matières plus écologiques. Nous réfléchissons à mettre en place des outils moins gourmands en emballage en favorisant le cerclage au filmage des palettes. Nous devons favoriser les conditionnements de masse, et pour la distribution favoriser les contenants renouvelables.

En tant que logisticien, nous avons mis en place le tri des déchets par catégorie (carton, feuillard, plastique, polystyrène). Via un compacteur nous valorisons ces déchets.

 En tant que transporteur, nous restons très à l’écoute des technologies permettant la réduction de la pollution, en mettant en place des véhicules hybrides, au gaz GNC ou GNL. Nous restons en veille sur l’hydrogène.

Bien évidemment, cela passe par une sensibilisation des tous les salariés au quotidien.

Autre action : partager les bonnes pratiques avec d’autres acteurs locaux.  

L’esprit solidaire et de partage : voilà ce qui m’attire chez Ruptur, qui traitent des sujets sur l’environnement. »

 

 

Ludovic PERROTIN – Chargé d’affaires Menuisier chez SARL ARNOUX

« La Menuiserie SARL ARNOUX, créée il y a 40 ans, est une TPE artisanale, familiale et locale. Nous sommes conscients que nos activités ont un impact environnemental, économique et sociale et souhaitons agir et petit à petit, avec tous nos collaborateurs, faire évoluer nos pratiques. Nous pensons qu’il est essentiel de changer nos pratiques à notre petite échelle, même pour une TPE comme nous. En effet, c’est aussi les habitudes de nos collaborateurs qui évolueront et donc peut-être des habitudes de plusieurs familles indirectement.

Un des enjeux environnemental prioritaire pour la société est la gestion de nos déchets. Ils ne sont pas tous réutilisés, valorisés et malheureusement quand ils le sont nous ne connaissons même pas leur destination finale. Dans ces déchets, hors les matériaux de construction, nous accumulons une très grande quantité d’emballage dues aux marchandises reçues.

Nous pensons que nous pouvons avoir un rôle pour améliorer cela, et notamment par la sélection de nos fournisseurs locaux, le groupement des commandes et ainsi éviter de recevoir notamment des cartons quasiment vides et réduire nos déchets d’emballage, pour réduire l’impact des trajets de nos livraisons de matériaux et réduire nos déchets.

Cependant, à ce jour sur la plupart des fournitures que nous utilisons et commandons, il est difficile de supprimer les emballages. En effet, une de nos contraintes, avec nos fournisseurs, est de recevoir des matériaux et marchandises non détériorés ! Les matériaux nécessitent beaucoup de manipulation avant leur mise en œuvre sur un chantier par les transporteurs mais aussi par nos équipes en atelier, ou sur le chantier. Les emballages sont gage de qualité.

 Nous avons pour projet, de faire évoluer notre organisation pour nous adapter et préparer l’avenir, un projet essentiel pour pouvoir engager un travail collaboratif avec nos fournisseurs et ainsi leur permettre de réduire l’utilisation d’emballages. En effet pour réduire les emballages nous devons aussi de notre côté avoir des racks ou des box de stockage en interne avec des protections intégrés qui ne serait plus à usage unique. Nous pourrions ainsi envisager de stocker temporairement et en toute sécurité les livraisons en attendant la pose. Au-delà de l’avantage environnemental, cela nous permettrait également de mieux contrôler la marchandise lors de la réception et donc d’éviter le problème de qualité détecté tardivement sur les chantiers et source de retard sur les opérations et de déchets car le matériel est inutilisable.  Mais cela demandera aussi plus de manipulation, et plus minutieuse, aux transporteurs. Peut-être qu’une évolution de leurs véhicules de transport est aussi à envisager pour garantir une meilleur protection des marchandises.

C’est bien un travail collectif que nous devons engager ensemble, tous les acteurs de la chaine de valeur, du producteur, fournisseur à l’artisan en passant par le transporteur. C’est pourquoi, nous avons rejoint l’association RUPTUR. Nous avons besoin pour évoluer vers des pratiques plus durables, de nous ouvrir à d’autre secteurs d’activités et de pouvoir échanger, partager notre vision mais aussi s’inspirer des autres ! »

 

 

Synthèse Chantier Ruptur Le Coup d’Après ACHATS

 

 

 

Publié le 29 juin 2020.