PORTRAIT

Joël TINGAUD – ATELIER DE L’ARGOAT


L’incroyable histoire de la Véritable Andouille de Guémené à l’Ancienne : un bel exemple d’économie bleue !

A l’origine, un pari fou ! Celui de reprendre l’ATELIER DE L’ARGOAT en 2004, alors en situation financière délicate. Issu du monde du service, Joël TINGAUD ne connait rien à l’andouille ; il aime les gens et aspire à pouvoir leur proposer un projet dont ils soient fiers. L’ATELIER DE L’ARGOAT, dont le savoir-faire est ancestral est pour lui une aubaine !
Alors que la production, le positionnement et la capacité du produit correspondent parfaitement à la demande du consommateur, comment remettre l’entreprise dans le positif ?

Convaincu « qu’un bon déchet est un déchet qui n’existe pas », c’est au cœur même du processus de fabrication que Joël TINGAUD va rivaliser d’ingéniosité pour y apporter de la valeur ajoutée. L’idée, il l’a dès la table de préparation en récupérant les parures de graisses qui jusqu’alors partaient dans le réseau d’eau usée. En les faisant fondre, il en fait une huile animale et après, qu’en faire une fois cette dernière isolée ? Son idée : la transformer en biocombustible qu’il utiliserait dans sa chaudière en lieu et place de l’énergie fossile.

Nous sommes en 2007, Sarkozy est Président, Jean-Louis Borloo dirige le Ministère de l’environnement, c’est l’époque des Grenelles 1 et 2. Joël TINGAUD se met à remuer « graisse, huile et chaudière » pour faire bouger la réglementation. Il obtient le droit à l’expérimentation et démontre que son process, sans contrevenir au principe de précaution, permet de transformer 66% de ses déchets en 35% de coproduits commercialisables ou valorisables en biocombustible, le solde étant de l’eau restituée. Ce biocombustibe émettant un rejet moyen d’effluents (CO2, azote et souffre) dans l’atmosphère de 22% inférieur à celui du fioul léger. Il obtient ainsi l’autorisation de développer son projet au niveau industriel et met en place une boucle vertueuse dès décembre 2008 lors de sa première combustion. L’entreprise se voit, par la suite, couronnée de nombreux prix et la banque, reconnaissant son développement durable et rentable, lui accorde 1.25M€ d’investissements pour s’agrandir et embaucher.

Le résultat est épatant ! Les parures de graisses étant désormais piégées, elles ne trainent plus sur le sol, minimisant le risque de chutes du personnel, les arrêts de travail diminuent de 12%. Par la même, les parures ne partant plus dans le réseau d’eau usée, les charges d’assainissement baissent, redonnant à l’entreprise une marge de manœuvre de 25% relative à la convention de rejet, et son taux de restitution d’eau augmente. Très vite, 60% des déchets sont traités – une partie transformée en bio combustible, l’autre en eau – jusque la quasi-totalité aujourd’hui, depuis la mise en place d’une collaboration avec une usine de méthanisation. Sa consommation de gaz et d’électricité a baissé de 35%. En 2015, l’entreprise se voit récompensée de l’inestimable titre « Entreprise du Patrimoine vivant » faisant d’elle une société reconnue dans sa globalité intrinsèque portée par une pensée collective positive qui traverse l’ensemble des membres de l’entreprise, menée par une gouvernance globale équilibrée et respectueuse.

L’ATELIER DE l’ARGOAT qui, en 2005 employait 39 salariés, comptabilisait 3600 K€ de CA et -635K€ de fonds propres pour un capital social de 119 K€, emploie aujourd’hui 80 personnes, affiche toujours 119K€ de capital social mais réalise un CA de Près de 7000 K€ et comptabilise désormais 1.04M€ de fonds propres. Un parfait exemple d’économie bleue par la preuve ! En 15 ans, Joël TINGAUD a su pérenniser l’entreprise qu’il est fier de transmettre depuis peu à ses fils, faisant d’elle une entreprise familiale.

Passionné par les entreprises du futur, la digitalisation, les entreprises jumelles, le 3D, l’exosquelette… Joël n’a surement pas fini de nous surprendre !

http://www.atelier-argoat.fr/